Karen respire fond. Elle regarde Jon qui l'encourage d'un sourire.
Karen : Je suis née le 6 janvier 1987, calcule pas j'ai 21 ans. Je suis fille unique, orpheline de mère depuis mes six ans. Ma maman s'est suicidée, électrocutée. "Pour nous deux" selon elle... Elle espérait qu'on me confirait à l'adoption.
Jon a une main devant la bouche, il paraît légèrement choqué. Le jeune homme ne s'attendait surement pas à ça ! Il n'ose rien dire mais Karen voit dans ces yeux des tonnes de questions.
Karen : Elle aimait mon père, mais elle m'aimait aussi. Il buvait. Beaucoup. Beaucoup trop. Il la frappait. Un soir elle en a eu assez alors elle a rédigé un testament, elle a pris un grand câble électrique et...
Malheureusement, mon père était sobre quand l'inspection est venu voir si je pouvais continuer à vivre avec lui, et moi je n'avais pas (pas encore) de traces de coups. Ceux de ma mère avait était mis sur le compte de l'auto-mutilation, et son suicide... je ne sais pas. J'ai donc vécut six ans de plus avec mon père. Tous les vendredi et samedi il allait au bar (c'était les veilles des matin où il pouvait se permettre les gueules de bois) . Quand il revenait il me frappait. Fort. Ou alors, quand j'avais de la chance, il ramenait une pute et je les entendais batifoler de l'autre côté du mur.
Mes bleus, personne ne les voyais. Ou tout le monde s'en foutais je sais pas... Et moi, je me taisais.
Elle s'arrête, secoue la tête et renifle pour la énième fois. Elle prend le mouchoir que Jon lui tend et bois un peu de son cocktail.
Karen : Pourquoi j'te raconte tout ça moi ?
Jon : Parce que vous en avez besoin. Vous avez trop longtemps gardez tout ça pour vous, il faut que ça sorte. Je veux vous écouter. Je trouve qu'on écoute pas assez les gens. On croise des dizaines et des dizaines de nouvelles tête chaque jours et chacune a une histoire, une vie, des idées... Et personne ne les écoute, personne d'étranger, d'inconnue. Je trouve ça dommage...
Karen : C'est profond...
Jon : Pas autant que votre histoire, continuez la, s'il vous plaît.
Karen : *soupire* Quand j'ai commencé à ressembler à quelque chose, à avoir des formes (vers mes 11 ans donc), il s'est mis s'intéresser à moi. Autrement. Il venait dans mon lit, me déshabillait et me caressait. Je détestais ça mais "au moins ça fait pas mal" je pensais. Un jour, il est... il est allé trop loin, il... disons que j'ai perdu ma virginité très tôt et pas volontairement... Pas très longtemps après, mon prof de sport a remarqué ma cicatrice au ventre pour cause de tee shirt trop court. Il m'a demandé comment j'avais eu ça. Au début j'ai menti, j'ai dit que c'était l'appendicite. Mais il m'as fais remarqué que l'appendice était plus bas et de l'autre côté. Alors je lui ai dit la vérité "c'est mon père qui a fait ça, avec un couteau, un soir où il était particulièrement éméché". Il a voulut savoir si j'étais consciente de la gravité de mon accusation. Je lui ai juré que c'était vrai alors il m'as emmener voir la psy du collège. Elle m'a a peine demandé ce qu'il se passait que je lui ai tout déballé. Il y avait si longtemps qu'il fallait que ça sorte... un peu comme ce soir d'ailleurs ! Enfin bref ! J'ai du tout répéter devant un tribunal. Mon père a pris 50 ans de prison ferme (le juge a été gentil). Je lui ai parlé après le procès. Il m'a assuré que j'avais eut raison de le dénoncer, que comme ça il me ferais plus de mal, qu'il ferait plus de mal à personne, qu'il ferait tout pour se rattrapait auprès de moi, qu'il m'aimait. Je l'ai cru, j'y crois encore. Tu peux trouver ça idiot mais tu aurais vu ces yeux... Pour la première fois, j'ai senti qu'il m'aimait. J'en voulais aux juges qui nous séparés alors qu'on venait de se trouver. Je la détestais cette famille. "C'est les Alabaster, ils s'occuperont bien de toi, tu les aimeras beaucoup dans 2 mois tu me remerciera de t'avoir placer chez eux. En plus ils ont une fille de ton âge, Juliette" avait dit le mec de la DDASS. Mais je les détestais. Plus que j'ai détesté mon père. Bien plus.
J'me sentais seule. J'étais déjà bien solitaire quand j'avais deux parents, quand j'en ai eut un seul encore plus alors là qu'on me l'avais enlevé... Je restait toute seule, j'écrivais des début d'histoire et des chansons...
La jeune femme fais une pause pour se réhydrater.
Jon : Des chansons ? Vraiment ? Vous les avez encore ? Oh heuuu je suis désoler, vous venez de me parler de vos parents et moi...
Karen : C'est rien ! Oui j'ai encore les paroles. Dans un petit cahier vert à spirale si tu veux de la précision.
Jon : *ri* Vous pourriez... me les montrer ? Un jour.
Karen : Oui bien sûr ! Mais pourquoi tu veux les voir ?
Jon : J'ai l'intuition que vous avez du talent. Si c'est le cas je pourrait même les montrer aux autres ! Où à des maisons de disques ! Vous pourriez en vivre !!
Karen : *sourit* Calme toi Jon ! C'est des textes que j'ai écrit il y a 4 ans pour le plus récent, je pense pas que ça soit top...
Jon : Je verrais ! Et si vous continuez votre histoire... ?
Karen bois une gorgée puis approuve d'un signe de tête. Elle ferme les yeux et respire à fond comme pour se donner du courage.
P.S : Voilà ! On en sais un peu plus sur sa famille !
Que va-t-il se passer ? Vous le saurez !
Bientôt ? A vous de voir ! En fonction du nombre de
com's et de si j'ai envie ! Salut !
Photo : Karen, alias Caroline Guerin (ou Daphnée de c½ur océan)